AccueilGalerieFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion
Connexion
Nom d'utilisateur:
Mot de passe:
Connexion automatique: 
:: Récupérer mon mot de passe
Navigation

       

pagerank
Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
Derniers sujets
» salle @
Lun 29 Mar - 21:14 par pilote

» Couloirs et ascenceurs
Lun 29 Mar - 21:09 par un autre alien

» la cage
Dim 28 Mar - 22:21 par Diablotor

» salle#
Sam 27 Mar - 19:46 par Alianae

» Et le voyage se poursuit.....
Sam 27 Mar - 15:06 par JustMatie

» HRP de l'anim
Ven 26 Mar - 15:10 par Charlie Vicker

» Le bloc opératoire
Ven 26 Mar - 13:01 par Une alienette

» la salle sous la trappe
Ven 26 Mar - 12:49 par Une alienette


 

 Pölhied

Message Auteur
MessageSujet: Pölhied   Ven 17 Avr - 0:46

Silence

La rue s'est arrêté.
Pourquoi?
Regarde au lieu de poser des questions bêtes.



Il est midi, heure d'affluence. Pourtant, la foule des passants s'est arrêtée. C'est à peine si on entend le souffle lent de leur respiration commune. Les mères serrent au creux de leur pogne calleuse, la quenotte de leurs mômes. Les businessmen pressés ont ôtés le haut de forme qui leur donne des allures de croc-mort. La duchesse et les quelques demoiselles qui la suivent, toutes auréolées de rubans, de froufrous ont cessés leur babillement infantile.
Le trottoir s'est tu. On n'entend ni les rats qui courent le long des caniveaux, ni le bruissement pourtant familier de l'eau qui s'écoulent vers les égouts après l'averse. Les poubelles ont refermées leur gueule béante, de l'une d'entre elle pend une feuille de laitue que quelques limaces ont déjà choisie comme déjeuner.
Les pavés de la rue principale brillent encore. La pluie a lavé les traces de boue qu'a laissé une charrette à bœuf ce matin en arrivant. Les chevaux qui patientent à la porte de l'auberge ne piaffent même pas. Leurs sabots ne claquent pas contre le pavé, leurs fers de toute façon sont bien trop usés: ils attendent le maréchal-ferrant. Le mendiant qui farfouillait dans l'une des besaces attachées à leur flanc s'est retourné. Le malheureux a le bras enfoncé jusqu'au coude dans la sacoche, l'autre pend inerte à son côté, il n'en reste plus qu'un moignon sans âme.
Le temps lui même s'est arrêté. Le soleil qui pointe le bout de son nez n'ose pas poursuivre sa course dans le ciel. Les nuages, dernier signe de l'averse, se sont arrêtés au confins des toits de la ville.
Tous attendent.

Plac. Top. Clap.

Mouvement d'ensemble de la foule. Tous les regards se sont braqués dans la même direction: les portes de la ville.
La silhouette est minuscule. On pourrait la confondre avec celle d'un nain. Les pieds nus se posent dans les flaques d'eau, comme si elles n'existaient pas. L'eau sale glisse entre les orteils fripés, à la peau halée et veinée de bleu. Seules des années de marche ont pu leur donner cet aspect. Les ongles sont noircis, celui du pouce est un peu jauni. Une mycose sans aucun doute observe un podologue dans l'assistance, mais il se garde bien de faire part de cette observation à son voisin de droite.

Plac. Top. Clap.

Celui-ci, ébéniste de son état n'a d'yeux que pour la cane qui soutient la silhouette. Le bruit sourd qu'elle produit quand elle frappe la pierre est sans doute du à l'usure de sa pointe. Le reste est des plus simples, le bois est résistant manifestement, du chêne sans doute. Il n'y a aucune fioriture, pas d'initiales gravées à la base, pas même un quelconque symbole.

Plac. Top. Clap.

C'est d'ailleurs ce que se dit la dame au fond à droite, celle qui se colle contre le beau cavalier qu'elle a dégoté pour la nuit, pas de fioritures. Ancienne couturière, elle s'est recyclée et a choisi les voix lucratives de la prostitution, fortement influencée par l'un de ses plus gros clients qui lui promettait un bel avenir. Ce qui recouvre l'ensemble de la silhouette, des pieds à la tête n'est semble-t-il qu'une vulgaire toile de jute. Noire. Ou d'un brun très foncé. Elle porte d'innombrables tâches de graisse, boue et autres. La capuche s'effiloche sur le devant, comme l'extrémité des manches.

Plac. Top. Clap.

Elle glisse, la capuche, et dévoile une crinière blanche. Le coiffeur du coin de la rue, derrière sa vitrine remarque l'extrême finesse de ses cheveux. Ils forment une véritable auréole, s'échappant du chignon qui tente de leur donner une forme malgré tout. Il serait grand temps de rafraîchir cette coupe d'ailleurs. Une telle tignasse ne peut être ainsi laissée dans un tel état de décrépitude s'offusque-t-il en silence.

Plac. Top. Clap.

Et puis... Il y a son visage.
Le mendiant regarde cette femme. Il a beau avoir fait la guerre, il a pitié d'elle. On dirait qu'elle porte au travers de ses rides tous les malheurs du monde.
Le gamin là-bas, celui qui arbore les bottines toutes neuves (et déjà sales) que sa mère lui a offert la veille pour son anniversaire la contemple. Cette silhouette courbée et rabougrie qui vient d'apparaître a le même sourire édenté que sa grand-même. La pauvre est décédée l'année dernière. Mais il a l'impression qu'elle vient de réapparaître. Elle est venue rien que pour lui, pour son anniversaire. Il a dix ans, son père lui a dit qu'il était grand désormais. Elle est venue pour le lui confirmer, pas de doute.

Plac. Top. Clap.

Elle continue son chemin. Son pas traînant résonne d'un bout à l'autre de la rue.
Son regard blanc, impassible, désormais immuable fixe l'horizon avec la détermination de celle qui a déjà tout vu. Ou rien. C'est selon...


Dis?
Oui...
Elle nous regarde la Dame ou pas?

Pöhlied

avatar

Féminin Age : 92
Gang : Aucun
Race : Sans
Date d'inscription : 16/04/2009

Nombre de messages : 9


Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Pölhied   Ven 17 Avr - 23:59

Qui-vive

Non.
C'est vrai qu'ils sont bizarres ses yeux.
Voilés...



Les plus enhardis esquissent déjà un pas. Les plus pressés surtout, ceux qui pensent que le temps c'est de l'argent. Ils sont peu. Ou alors si discrets. Pourtant le simple bruissement de leur costume bien repassé laisse deviner à leur ceinture, la bourse rebondie qu'ils auraient préféré garder à l'abri des regards. Ne leur en déplaise, le mendiant a tout vu. Ça ne sera pas pour aujourd'hui. Un autre jour peut-être. Lui préfère s'enivrer du parfum délicat de la sagesse, de la douceur; de la vieillesse. Il aimerait recouvrir les sensations d'autrefois, celles qu'il avait lorsqu'il caressait le visage d'une femme. Il sait que celui-ci est mille fois plus parfait, mille fois plus beau; que même son moignon ne pourrait connaître plus grand plaisir. Se réconcilier avec un passé effacé, celui d'avant. D'avant le drame, d'avant la guerre. Mais il n'ose pas.
Il n'ose pas. Comme tous ces mômes cachés dans les jupes de leur mère. Si lui désire la toucher, eux n'attendent que l'instant où "Grand-Mère" sortira de sous sa cape une colombe aux ailes couleur de neige. Cette petite fille, celle dont les joues roses ne disparaissent pas complètement dans le tablier de sa mère, elle, rêve de bonbons dont les couleurs rivaliseraient avec l'unique arc-en-ciel qu'elle a vu, pas plus tard que ce matin, entre deux gouttes d'eau.

Plac. Top. Clap.

Dans la foule, au milieu du bas peuple en émoi se cache quelqu'un. Une petite grand-mère. Elle aussi, elle a le sourire édenté, les cheveux liés en chignon, les yeux un peu voilés par la vieillesse et c'est pas pour autant que tout le monde en fait un fromage regrette-t-elle. On ne lui a jamais fait cet accueil à elle, quand des années auparavant elle est venue s'enterrer dans ce trou à rat. Il faut dire qu'il y a des années ce bout de femme biscornu avait une toute autre allure, plutôt celle d'une bimbo miniature que d'une sorcière en haillons. On l'appelait Gigi la musaraigne à cause de cette "sale" habitude qu'elle avait toujours eu de réussir à se glisser partout. Son regard brille un peu. Fièreté? Oui, aussi, c'est vrai qu'avec elle, partout, c'était partout. Si vous voyez ce qu'elle veut dire. Mais il y a autre chose. Un sentiment bien plus banal, bien plus humain. La jalousie. Gigi aussi aimerait qu'on lui fasse une haie d'honneur quand elle rentre des champs. Gigi aussi voudrait que tout le monde se taise, la regarde avec ces yeux-là. Gigi a toujours été un peu jalouse d'ailleurs. De sa soeur parce qu'elle avait un nez plus fin que le sien. De sa mère parce que son père n'avait d'yeux que pour elle. De ces catins qui faisaient trois pieds de plus qu'elle. Et maintenant de cette pauvresse qui s'en vient claudiquant au beau milieu de la rue principale et à qui on réserve un accueil digne d'une reine.

Plac. Top. Clap.

Gigi aurait pu continué de penser ainsi pendant longtemps. Très longtemps même. Gigi a toujours pensé de trop. Et bien souvent, trop bas.
Mais Gigi n'ose plus penser. La vieille femme vient de s'arrêter. La foule est sur le qui-vive, elle retient son souffle. Que va-t-il se passer désormais? Un sentiment de gêne se propage. Lui faire un tel accueil, d'accord, mais on va pas non plus s'éterniser sur ce bout de trottoir à attendre qu'elle continue sa route...

Plac. Top. Clap.

Gigi soupire. Elle a repris sa route. Vivement qu'elle s'en aille. Mais...
La foule s'écarte, comme repoussée aux confins de l'aura de la nouvelle venue. Sans heurts, elle forme une vague muette, bientôt un arc brisé dont la clef de voûte peine à se dessiner. Elle s'esquisse, se dévoile peu à peu jusqu'à ce que tous la voit. La clef de voûte. Gigi.
La pauvre reste bouche bée. Interloquée. Elle ne comprend ni pourquoi, ni comment.

Plac. Top. Clap.

Ses jambes se dérobent, ne veulent pas la porter, comme si elles ne répondaient déjà plus à sa propre volonté.

Plac. Top. Clap.

Pourtant fuir aurait été la meilleure des solutions.

Plac. Top. Clap.

Trop tard.

Gigi ne voit plus que son reflet. Le reflet d'une femme ravagée par le temps dans le regard d'une autre femme ravagée par le temps. Les gouttes de sueur perlent sur son front. Un pas, un geste et l'équilibre sera brisé. Brisé.


Comme les nuages?
Oui...
Mais des nuages qui abriteraient le soleil alors.

Pöhlied

avatar

Féminin Age : 92
Gang : Aucun
Race : Sans
Date d'inscription : 16/04/2009

Nombre de messages : 9


Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Pölhied   Lun 20 Avr - 22:01

Esprits

Le soleil. Celui qui brûle.
Tu crois qu'elle va brûler Gigi?
Peut-être. Peut-être pas.



Quand? Quand le silence sera-t-il rompu? Quand Gigi pourra-t-elle enfin respirer à nouveau? Quand... C'est la question que tout le monde se pose. Car, étrangement, chacun se sent investi d'un nouvel être, d'un nouvel esprit. Chacun est désormais à la place de Gigi. Ses émotions en cet instant sont celles de dizaines d'autres regards braqués sur elle. Du mendiant au Monsieur pressé, chacun voit son reflet ridé au fond des yeux de cette femme. La rue est Gigi. Quand bien même cela en dérangerait certains qu'ils ne pourraient réchapper à cette étrange sensation.
Cherchez. Cherchez au fond de cet esprit torturé, jaloux, maladivement commun ce que vous ne savez déceler dans le vôtre. Cherchez. Trouvez. Aimez.

Cette vieille sorcière ne relâche pas des yeux l'autre vieille qui lui fait face. Qui est l'une? Qui est l'autre? Sont-elles vraiment si différentes? Quel est donc ce trait d'union qui les relient? Elles à tous les autres. Cherchez. Cherchez, lui aussi se cache au fond de cet esprit qu'elles viennent d'offrir au bistouri acéré de la foule. Cherchez avant qu'il ne soit trop tard.
Il y a l'enfance. Il y a le passage douloureux à l'âge adulte. Il y a le cap de la quarantaine, celui qui fait encore plus mal. Et la vieillesse. Lente, longue, lancinante comme une vrille qui s'enfonce en soi implacablement. La décrépitude de l'être humain. Le chemin que l'on trace, en effaçant derrière soi les traces de boues qu'on y a faite. La tâche reste. Qu'importe, le suivant aussi prendra la même voie. Parce qu'il n'y en a pas d'autres.
Le constat s'insinue dans l'esprit de Gigi, et donc dans tous les autres. Navrant. Désolant. Véridique pourtant.

Plac. Top. Clap.

Soupir. Gigi. Tous les autres.
Soupir sans soulagement. Les corps peinent à se remettre de cette étrange intrusion. Certains tentent de retrouver leur esprit, de replacer dans l'ordre les précédents évènements. Ce qu'il vient de se passer? Il ne s'en souviennent plus vraiment. Il reste une ombre, un doute, un léger trouble chez la plupart d'entre eux. La plupart, oui...
Le visage du mendiant reste fermé. Comme ailleurs. Voilé par une souffrance rejaillit de nulle part. Celle que tous portent et qu'aucun ne veut éprouver. La souffrance... Celle de l'humanité. Le fil conducteur. Le trait d'union.

Plac. Top. Clap.

Elle a reprit sa marche. Aussi silencieuse qu'au début. Ses lèvres ne s'ouvriront pas aujourd'hui. Elle a d'autres chats à fouetter. D'autres digues à briser.
Son aura se distille et tendrement le quotidien reprend ses droits. Le haut de forme sur pied reprend d'un pas pressé sa course contre la montre, un seul but: le profit, le sien. Maman ramène ses gosses à la maison, ils vont finir par être en retard pour le déjeuner et son poulet va avoir cramer dans le four à ce rythme-là! La fillette aux joues roses remballe ses rêves acidulés et se laisse entraîner par les jupes virevoltantes. Le coiffeur reprend sa coupe là où il s'était arrêté, sa cliente fixe à nouveau son reflet dans le miroir. Miss Catin/couture entraîne son beau cavalier dans une ruelle un peu plus sombre, à l'abri des regards pour une partie de jambe en l'air prometteuse.

Plac. Top. Clap.

Reste Gigi. Et le mendiant.
La première s'est affalée sur le bord du trottoir. Les pieds dans le caniveau sans se soucier le moins du monde de ce rouleau de PQ qui colle à son soulier, elle pleure. Elle pleure parce que c'est tout ce qui lui reste. Parce que ça fait du bien, de se laver un peu de tant de regrets. Sa mère disait que pleurer n'avançait à rien. Mais elle avait tord. Elle a toujours eu tord d'ailleurs. Pleurer épuise. Et c'est tout ce dont elle a besoin.
Le mendiant sort soudain de son songe. Son regard brille. Humide? Non, prometteur. Il enjambe le caniveau après avoir glissé son bras hors de la sacoche bourrée à craquer. Et s'assoit à côté de cette vieille femme en pleurs. Il passe son bras autour de ses épaules et caresse ses cheveux usés de petite vieille. Elle aussi aurait bien besoin d'un tour chez le coiffeur...

Plac. Top. Clap.

" Merci...

... Pöhlied. "


Un clin d'oeil. Elle tourne le coin de la rue. Et de deux.


Je le savais...
Quoi?
Que le soleil derrière les nuages ne brûlaient pas...
Oui...
Au contraire. Il réchauffe. Il éclaire.

Pöhlied

avatar

Féminin Age : 92
Gang : Aucun
Race : Sans
Date d'inscription : 16/04/2009

Nombre de messages : 9


Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
MessageSujet: Re: Pölhied   

Contenu sponsorisé




Revenir en haut Aller en bas
 

Pölhied

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Munuroë :: Au commencement il y eut les dieux, et puis… - RP :: Autour des personnages... -