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Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
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 Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer

Message Auteur
MessageSujet: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 25 Jan - 15:04

C’était un de ces soirs d’hiver maussades, un de ces soirs cafardeux où l’on préférait rester chez soi, près de l’âtre, que de s’aventurer sur les pavés glissants d’Aster Damné.

Deux silhouettes cheminaient cependant, seules dans la ruelle au sol boueux, bravant stoïquement les froides bourrasques salées en provenance de la jetée.

La plus grande des deux ombres aperçut la première l’enseigne grinçante, à peine éclairée par un minuscule mais courageux braséro : « La sirène rougissante ». C’était la taverne qu’on leur avait indiquée.
Elles se hâtèrent vers la porte en bois blanchi, avides de chaleur… Et de renseignements.

Leur entrée dégoulinante ne suscita que peu d’intérêt. Dans cette taverne du port d’Aster Damné, on avait l’habitude de voir entrer toute une population hétéroclite, esclaves en fuite, cadets en quête de nouvelles terres, pirates prêt à dépenser les fruits d’une année de rapines, soldats-marins en escale et émigrés faméliques rêvant de lendemains enchantés. Une humaine, fut-elle bossue, n’avait aucune raison de déchainer la curiosité, même accompagnée d’un gobelin rachitique à l’air constipé.

Les deux arrivants se dirigèrent vers l’immense poêle sur lequel fumaient quelques bouilloires et ôtèrent leurs capelines. Ceux qui, dans la pièce, s’intéressaient encore aux deux inconnus, purent constater que la bosse de l’humaine était en réalité un luth au bois
sombre accroché dans son dos. Une ménestrelle donc. Ou plutôt, vu son jeune âge, une apprentie.
Le gobelin, une fois à peu près égoutté, posa précautionneusement une sacoche en cuir bouilli sur la plaque de fonte avant d’en sortir, avec lenteur, tablettes, stylet et parchemins.

Un coup d’œil sur la salle au plancher couvert de sciures leur révéla une vingtaine de clients, mélange de vieux pêcheurs aux traits sculptés par l’iode, gourgandines à la peau cuivrée et aux yeux cernés de khôl, aventuriers aux frusques défraichies, miliciens blasés lancés dans une molle partie de dés et fripouilles au regard hanté et à la mine conspiratrice.

La ménestrelle et le scribe, maintenant un peu moins humides, quittèrent le fourneau pour le comptoir au bois éraflé où officiait, sous la sculpture de bronze d’une sirène à la poitrine arrogante se cachant les yeux de ses mains, l’aubergiste, gros bonhomme borgne à la tonsure de moine.

« Un pichet de bière. Brune. » demanda la jeune femme avec un accent chantant. Un coup de coude dans l’oreille du gobelin provoqua chez ce dernier quelques marmonnements outragés ainsi que l’apparition d’une bourse rebondie d’où il sortit, toujours en grommelant, quelques piécettes de cuivre.

Une fois la bière sombre servie, l’humaine se retourna vers l’assemblée et, prenant sa voix déclamante, s’adressa à la salle.


Dernière édition par Six le Ven 27 Fév - 12:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 25 Jan - 23:11

Bonnes gens !
Pardonnez nous de vous déranger.


Plus ou moins rapidement selon les tables, les conversations moururent et les regards se tournèrent vers les deux étrangers.

Je me nomme Melody… Melody Nelson, apprentie Ménestrelle de l’Académia de Lonedonne. Et voici Stevenson, étudiant de la faculté. Nous sommes tous deux en compagnonnage, en quête d’histoires et de légendes…. Et nous sommes certains que des personnes telles que vous, à la vie riche en aventures, connaissent moultes anecdotes passionnantes…. Nous vous proposons, en échange de vos histoires, tournées de bière et toutes les chansons qu’il vous plaira d’entendre…

Un silence, juste rompu par le bruit lancinant du torchon de l’aubergiste glissant sur le bar.

« Chante nous donc Mary Malone, poulette, qu’on écoute ta voix…. Et fais tourner les pichets, l’intello !» lança avec un rire gras un des miliciens.

Alors que le gobelin payait le patron pour une tournée générale, la ménestrelle accorda son luth puis se mit à chanter, debout devant le bar, la ballade désespérée de la pauvre Mary Malone. Au troisième refrain, observant les yeux humides des oiselles et entendant les soupirs rauques des marins, elle sut qu’elle avait conquis son public.

A la fin de la complainte, aucun applaudissement, aucun cri mais un silence respectueux… Interrompu par une jeune elfe assise sur les genoux d’un flibustier :

« La chanson de la sylpheline et du prêtre, s’il te plait »
« Le saucisson aux melons ! »
« John la mauviette ! »
« Et une autre tournée ! »

De bon cœur, Melody narra la rencontre dans la sacristie de la sylpheline dénudée et du prêtre puceau, les aventures de John le trouillard dans les marais de Vil Basker, les péripéties d’un saucisson aux pays des melons, les acrobaties de la bouche experte de Lola et termina par l’enfance du terrible Amster…

Lorsqu’elle jugea son public complètement sous le charme, autant par les chansons que par les nombreuses tournées que le gobelin avait payé avec un dégout manifeste, elle attrapa une chaise sur laquelle elle s’assit à califourchon, face à son public et se lança.

Merci, merci, vos applaudissements me vont droit au cœur… Me permettez-vous de faire une pause ? Merci… Pourquoi ne pas en profiter pour écouter vos histoires ?

Là… on y arrivait. L’instant était délicat. On leur avait dit que cette auberge était un des lieux où il descendait souvent. Mais les gens parleraient-ils ? Il fallait espérer que les chants et l’alcool les avaient mis dans de bonnes dispositions.

Voilà… Nous sommes fascinés par un personnage de votre belle ville… Nous adorerions entendre ses aventures. Je suis sûr que vous connaissez plein d’anecdotes…


Pause. Les clients la regardaient avec bienveillance, attendant la suite.

Il s’agit de Six….


Voilà… Et advienne que pourra….

La salle resta silencieuse mais les visages ne se fermèrent pas. On sentit comme une hésitation… Melody et Stevenson tentèrent de ne pas montrer leur appréhension.

Tu es bien tombée en venant ici, petiote.


La voix caverneuse, fusa de derrière le comptoir. C’était l’aubergiste, le torchon sur l’épaule, qui venait de parler.

Que veux tu savoir sur Six?

Voilà…. C’était gagné. Enfin.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Lun 26 Jan - 22:29

Hem… Pour commencer… Pourquoi ne pas nous expliquer d’où vient ce nom… « Six » ? chuchota presque la ménestrelle, de peur d’altérer l’ambiance bonhomme de la taverne.

Des regards qui s’échangent, des sourires convenus, quelques raclements de gorge….
Quand la vie est une chienne, les histoires qu'on se racontent servent souvent d'os à ronger.... Un peu de couleur dans un environnement de douleurs.

Un barbu au crâne couvert d’un foulard crasseux se lança :C’est le nombre d’océans qu’il a parcourut… Seul l’océan caché l’a pas connu…
Nan, c’est le nombre de royaumes qu’il a détruit…. Lança un jeune taurens aux allures campagnardes.
Puis une jeune adolescente au maigre corsage et aux jupons bouffants intervint, les ailes frémissantes : Le nombre d’heures durant lesquelles il peut faire l’amour !
Parait qu’il résista 6 jours entiers aux sirènes de la passe aux vents !
Mais non, c’est son vrai Nom !
La gorgone lui a pris son nom en échange de son amour et lui a donné ce surnom!
C’est le nom de sa main métallique qu’il vola au roi de dessous la dune
On dit que…

Bon bon !
Pour la première fois le gobelin, qui s’était efforcé de tout noté sur ses vélins, prit la parole, sous le regard amusé de la jeune humaine.
Apparemment, personne ne sait… Lâcha-t-il d’une voix nasillarde… Soyons ordonnés… scientifiques…. Commençons plutôt par le début… D’où vient-il ? Où est-il né ? Qui furent ses parents, quelque soit son ancien nom, à ce « Six » ?


Dernière édition par Six le Mar 27 Jan - 17:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Mar 27 Jan - 17:48

Flottement… Mines embarrassées…

Faut avouer que peu l’ont connu jeune, le Six….

Melody remarque le coup d’œil de l’aubergiste vers l’arrière salle qui suit ces paroles.

Quoique… Le frère du mari de ma cousine, qui a navigué avec lui, m’a raconté l’autre jour que…

Mélody se détend, respiration lente et yeux mi clos. Elle entre en phase de mémorisation afin que chaque mot, chaque intonation qui va suivre soit enregistrée dans son esprit. Le tuyau était cher, mais il était bon : ils sont tombés sur un vrai filon….


Furent ainsi passées les heures, consumées par les contes et les chants, noyées par les ris et les pichets, jusqu’à ce que la nuit agonise et que chacun reparte retrouver ses démons quotidiens mais le cœur heureux et l’âme sereine.

Plus tard…

L’aubergiste mouche les ultimes chandelles. L’aube pointe dans l’échancrure des mansardes du Port.

Mélody, les mains entourant un gobelet de thé chaud, regarde le gobelin qui classe ses parchemins en grommelant à mi voix.

Nuit extraordinaire, hein, Stev ?!
Pffff… Tu parles…. Affabulations du petit peuple… Extrapolations, approximations, légendes… Du matériel pour les âmes simples mais rien de précis, pas de date, pas de lieu… Des histoires, tout ça… Pas l’Histoire !!!

Oui… Des histoires… Rien que ce soir, uniquement sur sa naissance et son enfance, j’ai de quoi composer un lai…. Tu imagines ?

Hmm ? ouais, bon… Regarde, je me suis amusé à classer ces contes tandis qu’ils parlaient et que tu faisais ta tronche de tripée…
Catégorie 1 : l’origine mythologique… Ecoute ça : « il est né du mélange de la salive de Banda et de la sueur de Lymbia… » et celle-là : « Issu de l’union d’Amster le Damné avec une Kraken femelle… » Qu’Amster fut un skeleton ne semble gêner personne… Rigole, rigole…. J’ai aussi la catégorie « origine romantique », qui a la préférence des perruches, on se demande pourquoi : « sa mère était une pauvre fille de joie et son père un pirate de passage…. » Bref, tout et n’importe quoi ! Le seul point commun à toutes ces légendes, c’est qu’il a passé une partie de son enfance ici…

Peut être cette histoire aura-t-elle l’heur de plus vous plaire Messire ?
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Mar 27 Jan - 19:25

Peut être cette histoire aura-t-elle l’heur de plus vous plaire Messire ?
La voix, basse et chevrotante, les fait sursauter.

Un vieux Taurens s’avance vers eux, au mufle grisâtre, aux yeux laiteux et aux cornes fissurées.

J’étais dans l’arrière salle. J’ai écouté, tout ce qui s’est dit, sans me joindre à vous.. A mon âge, la foule me fatigue…

Précautionneusement, il s’installe à leur table et attend, silencieux, que le tavernier lui apporte du thé pour poursuivre.

Voyez vous les enfants, il y a une quinzaine d’années, j’étais bosco sur un des navires de Krouper, de la famille Krouper, les ratlings…Vous connaissez ? Les armateurs ? Bref…

On était prêt à appareiller pour les Archipels de Brume lorsque le Capitaine nous présenta le nouveau mousse. L’ancien avait déserté dès notre retour au port… Enfin… Ce nouveau mousse était un gamin d’une dizaine d’années, vif et rieur. Il venait d’une famille des marais de Vil Basker, comme il me le raconta plus tard. Ses parents, crevant la faim, l’avait vendu, ainsi que sa sœur. Cette dernière s’était retrouvée au bordel et lui ici, mousse sur la Desdichada…


Aah.. Votre regard qui s’allume… C’était le nom du navire… Je vois que vous faites le lien, hein ?....

Bref… Comme je disais, le gamin semblait prendre sa situation du bon côté… Vous savez, les mousses sur un bateau ont une double fonction… Mascotte et Souffre douleur tout à la fois… l’équilibre est fragile mais doit être respecté.. Le minot était de bonne composition pour le premier rôle et suffisamment rusé pour ne pas trop souffrir du second..

Son hamac était près du mien, je l’avais pris sous ma protection et comme il était dur à la tâche, l’équipage ne le molestait pas trop… Il aurait pu finir honnête marin, voire même bosco, si on n’avait pas été abordé par les corsaires du Sultanat…

Face à deux galères, la Desdichada n’avait aucune chance. Lorsqu’ils tirèrent les premiers boulets, le gosse était dans les voiles. Si je ne l’avais pas fait descendre dare dare, il finissait en charpie. En un sens, je lui ai sauvé la vie… Je ne suis pas sur, vu la suite, qu’il m’en ait été reconnaissant.

Le Sultanat est un Royaume de marchands… Pas de pertes, que du profit... La cargaison fut arraisonnée, les officiers exécutés et l’équipage réduit promptement en esclavage.

Le petiot avait un défaut, n'empêche…Il était trop mignon. L’émir capitaine le repéra tout de suite…
Bref, je me retrouvais dans la cale, avec les autres galériens et le gamin dans la cabine de l’émir.


Durant les deux mois que dura la traversée jusqu’à Ariel, je l’aperçut quelques fois, lui sur le pont, moi enchainé à mon banc. Il avait l’air en bonne santé. Il avait toujours eu la main agile et la langue leste alors…. je suppose qu’il se débrouillait… Mais ses yeux étaient devenus si sombres… Et il ne souriait plus continuellement comme il le faisait… avant…

Je l’ai perdu une fois débarqués, lorsqu’il fut emmené chez l’émir et moi affecté à une autre galère… Deux ans plus tard, notre galère a été coulée par la flotte d’Amster et moi repêché parmi les débris de l’épave…

Et ?... Le gamin ? C’était Six ?

Je ne sais pas… Des fois, je me dis qu’il aurait pu devenir le Six dont on parle… Des fois, on voyant Six s’enivrant dans cette salle entouré de son équipage, je crois retrouver l'ombre du sourire de ce mousse… Je ne sais pas…

Il est tard…ou tôt, c’est selon… Je vous souhaite une bonne journée…


Le vieux marin se redresse avec un craquement, porte la main à son front bombé en un geste de salut avant de s’éloigner, le dos vouté, vers la cuisine.

Drôle de récit, hein ?
C’est l’aubergiste, debout près de leur table, son éternel torchon sur l’épaule.
Il me l’avait déjà raconté… drôle de récit, ouais… Et drôle de bonhomme…

Il vit ici ?
Oui, en pension.
En pension ? Il ne parait pourtant pas très fortuné…. Comment peut-il ?

C’est pas lui qui paye… C’est Six… Un soir, il a vu le bonhomme en train de compter ses piécettes pour se payer un rhum… Il est venu vers moi et m’a dit de le prendre en pension. Et il a payé. D’avance. C’était ya un an…. Non, je sais ce que vous allez demander. Je ne sais pas. Je n’ai pas posé de questions. Pensez ce que vous voulez… Sur ce, M’sieurs Dames….
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 1 Fév - 12:05

Quelques jours plus tard, toujours à la Sirène Rougissante.


- Tiens, Stevenson ! Ca va l'ami ? La pêche au Six a été fructueuse ? Ta copine vient d'arriver, elle est dans l'arrière salle. Je te sers quoi ? Un lait fraise ? arf arf...

- .... En forme aujourd'hui, Marcus , hein ? Non, pas de pêche fructueuse... Comme d'habitude...

- Stev ?! Alors, ces recherches sur cette fameuse main métalllique ? Des choses intéressantes ?

- Tu parles.... Tu sais quoi ? J'ai payé 100 biftons... 100! à un elfe qui savait soit disant comment il avait perdu sa main... Et tu sais ce qu'il m'a raconté ? Je cite de mémoire : "Il était en train de se battre en haut d'une tour avec le Grand Chevalier Noir Tuberculeux quand ce dernier lui trancha la main avec son épée magique rouge. Alors que Six semblait perdu, Le Chevalier noir lui dit d'une voix sinistre : "Je suis ton père, Six"... Six, horrifié, se jeta alors dans le vide où... bla bla bla..."
Le pire, c'est que ce crétin croyait réellement à ce qu'il racontait....
Bon quand t'auras fini de te marrer, tu pourras peut être me dire où tu en es du résumé ?


- Sois cool stev... Tiens, tu veux une taf ? C'est de l'herbe orc... Nan ? Bon okay, je résume.
Ce dont on est surs : il a perdu sa main. la gauche. Il a à la place ce qui semble être une main mécanique, probablement d'origine naine, qu'il cache le plus souvent par un gant.


- Je confirme. Il arrive qu'il ôte son gant, parfois, pour impressionner quelque putain. J'ai vu cette main de mes yeux. J'ai même distingué les rouages....

- L'origine de la mutilation reste pour le moment inconnue. On notera cependant que dans le Sultanat, on coupe la main gauche aux fugitifs. Mais il est vrai aussi que les marins perdent souvent leur main : coup de sabre, mauvaise manipulation des canons, accidents de cordage, boulets...
Par contre, la plupart des récits s'accordent sur l'origine de la main métallique. Il l'a acquise du Roi-inventeur nain du Royaume de Dessous la Dune. J'ai esquissé une première ébauche de récit, ça vous dit de l'entendre ?


- Sur ma belle, vas-y.. Et j'offre ma tournée.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 15 Fév - 12:57

Il advint qu'un jour Six se réveilla avec cette certitude : il fallait qu'il remplace sa main perdue.
Cette idée avait lentement germée, s'enracinant sur le terreau des frustrations, nourrie de l'engrais des gestes esquissés et retenus au dernier moment, abreuvée par les douleurs fantômes et éclairée par les regards de pitié dégoutée.

Il connaissait suffisamment le vaste monde pour savoir que seuls les nains pouvaient fabriquer la main de ses rêves. Les nécromants et leurs greffes putrides ne lui inspiraient pas confiance. Il lui semblait, dans ses visions fiévreuses, que métal et engrenages pourraient remplacer, voire surpasser les chairs et les os disparus.

Pourquoi décida-t-il de formuler sa requête au Roi ingénieur du Royaume de Dessous la Dune ?
Est-ce la proximité de la mer qui infléchit son choix ? Est-ce la puérile satisfaction de s'adresser à un roi plutôt qu'à un simple ingénieur ? Peut être eut-il mieux valut qu'il s'adressa plus modestement à la guilde des nains venteurs qui avait un de leur guichet à Amster même.
Mais vous connaissez la plaisanterie qui court sur les mers : Quand Six désire, six serpents de mer sinuants seraient impuissants à suspendre son souhait.

Il mit donc le cap vers l'Ouest, par delà l'Archipel des Brumes, cinglant vers le Royaume nain.
Douze jours plus tard, il accostait dans le port de Dessous la Dune.

Le Royaume nain de Dessous la Dune était unique parmi les empires nains.
Non seulement il était au bord de l'eau, emplacement rarissime, mais il était entièrement creusé dans le sable.
Par un procédé magique jalousement tenu secret, les bâtisseurs nains solidifiaient le sable, fabriquant d'éphémères salles aux colonnes grumeleuses, aux sculptures ocres que le vent et les vagues effaçaient petit à petit. Le voyageur qui revient à Dessous la Dune après un an d'absence ne reconnaît plus la ville : les rues ont changé, de nouvelles salles, de nouvelles places sont apparues alors que les anciennes ont été définitivement ensevelies.
Les habitants, habitués, changent régulièrement de domicile et les embouteillages légendaires du royaume sont dus en grande partie aux centaines de charrettes des déménageurs.

Six avait de nombreuses fois fait escale à Dessous la Dune, toujours fasciné par la poésie dégagée par le paradoxe de ce peuple, mélange d'obstination souterraine naine et d'amour bougon envers la mer, pourtant source de tous leurs maux.
Il se dirigea donc tout de suite, une fois les formalités de débarquement terminées et sa demande d'audience acceptée, vers Barkhane, la demeure royale.
C'était la première fois qu'il rencontrait Feld Spath, le roi inventeur. Ce dernier était réputé dans tout Munuroe. Dans le Monde de l'Erreur, il était une des rares exceptions à fabriquer des objets fonctionnant correctement.

Le monarque l'attendait, perché sur un trône de sable blond. A ses pieds, Muscovite, sa fille, jeune naine tout juste sortie de l'adolescence, tentait vainement de dissimuler sa curiosité sous un air blasé.

Après les salutations d'usage
(O Roi des rois, génial inventeur du découpe-beurre et de l'eau ni chaude ni froide, Grand parmi les petits, père comblé d'une sublime princesse....), Six exposa rapidement sa requête, levant haut son moignon.

Sire ingénieur, je viens à vous en toute humilité vous formuler ma demande. Voyez ce bras mutilé auquel manque la main. Seul vous, à l'ingéniosité sans pareil, vous, fondateur de l'Y, haute académie technique naine connue dans tout Munuroe, pouvez concevoir dans l'éclatante luminosité de votre esprit mathématique, une machine capable de la remplacer, ô vous Demi-dieu de la robotique, celui qu'on a surnommé l'Asimov des inventeurs ! Lorsque l'on contemple la splendeur (sourire charmeur vers la jeune naine) qu'ont produites vos royales gonades, on ne peut qu'à peine entrevoir ce qu'est capable d'imaginer votre étincelant cerveau...

Le Roi avait écouté, silencieux et amusé, le discours flagorneur du marin.

Trêves de compliments, Six... Je connais ta réputation et ce sera un plaisir que de te fabriquer une main artificielle. Mais cela, tu t'en doutes, aura un coût...
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Lun 16 Fév - 15:38

Pause pendant laquelle chacun s'observe.

Puis, d'une voix forte, afin que toutes les personnes présentes entendent sa promesse et ses exigences, le Roi lança son défi :


Ramène moi des larmes de Lymbia et tu auras une main mécanique telle que tu n'en auras jamais rêvé... Avec elle, tu seras plus fort. Avec elle, tu pourras ressentir chaque grain de poussière...

Silence dans l'assemblée. Aucune légende, aucun mythe n'avait jamais mentionné l'idée que la Déesse de la Haine puisse pleurer, fut-ce de joie...

Pensez vous que Six accepta ?
Évidemment. Autant pour le défi que dans l'espoir de la récompense.

Comment Six réussit à tirer des larmes de Lymbia, cela n'est pas l'objet de ce conte...
Sachez juste qu'après 6 mois d'absence, Six revint dans la salle de Barkhane,
Avec, dans la main, un flacon.
Les larmes de sang de la Déesse.

Le Roi, la princesse et leur suite l'attendaient. Sur un socle de sable volcanique, la main attendait son futur propriétaire.


Le moment était solennel. La foule retint son souffle lorsque Six, seul, s'avança vers Feld Spath pour lui tendre respectueusement le flacon de cristal.
Le Roi le saisit d'un geste lent.

Que se passa-t-il à ce moment là ?
Le Roi avait-il prémédité son action ?
Est-ce le pouvoir de Lymbia, pouvoir qui dépasse les pauvres et minuscules intentions mortelles ?
Serrant convulsivement sa main puissante autour du flacon, Feld Spath s'écria, sous le regard horrifié de sa fille :

Emparez vous de lui !
Aussitôt, la garde royale se jeta sur le marin, l'immobilisant et le désarmant avant qu'il ne puisse réagir.

Sire ? Je ne comprend pas. J'ai respecté notre accord...

Silence pirate !
Gardes ! Débarrassez vous de son équipage. Quant à lui, jetez le dans les cellules sud, que le sable s'occupe de l'effacer de notre souvenir.


Mais..Père... les cellules sud sont en train d'être ensevelies.. les mages bâtisseurs affirment qu'elle seront emplies demain soir...

Parfait... Qu'on l'emmène... J'ai maintenant les larmes divines.... Plus rien n'a d'importance.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Jeu 19 Fév - 13:52

La situation de notre marin était loin d'être agréable. Navire perdu, équipage massacré et lui enfermé dans un cellule qui se remplissait peu à peu de sable humide et grumeleux.

Mais notre héros avait réussi à toucher le cœur de la princesse Muscovite..
Un ou deux compliments, deux trois œillades de braise, quelques sourires ravageurs. Il n'en fallait pas plus pour enflammer l'imagination de la pucelle.

Sentant confusément que le comportement de son père n'était pas habituel, elle décida de sauver Six.
La nuit la vit alors se faufiler jusqu'aux cellules sud, prête à libérer le matelot.
On peut être naine, pucelle et princesse mais être intelligente et calculatrice. Elle réclama à Six son aide en échange de son évasion.


Seigneur Six. Promettez moi votre assistance. Le comportement de mon père est étrange. Je soupçonne l'influence des larmes de haine. Si je vous libère, jurez-vous de revenir m'aider ?

Six accepta. Avait-il le choix ? La princesse le conduisit jusqu'au port où il embarqua sur une chaloupe.
Il avait sauvé sa vie, mais il était toujours manchot. De plus, il avait prêté serment. Et il était très rancunier.

Il lui fallu six mois de plus pour revenir, avec un nouveau navire et un nouvel équipage. Mais plus avec les mêmes intentions.

La situation au Royaume de Dessous la Dune avait bien changé, et il ne s'agissait pas que d'architecture et de géographie. Le Royaume s'était transformé en une sombre dictature. Feld Spath et sa garde noire terrorisaient ses sujets, se nourrissant de leurs peurs et de leurs faiblesses. Délation, mesquinerie, soupçons, paranoïa, autant de fleurs vénéneuses écloses sur le fumier de la haine du Roi, personnage vissé sur son trône, serrant amoureusement son flacon, un rictus amer perpétuellement figé sur ses traits marqués.

La grogne populaire, timidement, commençait à se faire entendre. Quelques groupes de résistants se lançaient dans des escarmouches avec la milice, financés dans l'ombre par la princesse Muscovite.

L'arrivée du pirate servit de détonateur. Avertie par les vigies, la princesse, accompagné des rebelles, attendait Six sur le quai.

Ce dernier n'en demandait pas tant. Lui qui était revenu plus pour récupérer ce qu'il estimait être son dû et se venger d'un roi tricheur, il se retrouvait aidant, voire dirigeant une révolution.
Il ne se fit pas prier.
Son équipage et lui, soutenant la résistance, massacrèrent la garde noire sous le regard apeuré des habitants.
En un jour, la ville était nettoyée. Un jour de plus et Barkhane tombait, démoli par les bordées tirées depuis le navire de Six.

Six avait promis d'aider la princesse, il n'avait pas préciser les modalités de son aide. Lorsqu'il pénétra dans la salle du trône, il se retrouva face à la silhouette tassée et ricanante de Feld Spath.
La main de métal était posée sur ses genoux. Le flacon ouvert dans la main, le roi s'apprêtait à verser son contenu sur les délicats rouages.
Malgré les supplications de Muscovite, Six ne perdit pas de temps. Il s'élança vers le trône et égorgea proprement le tyran avant de s'emparer de la main. Certains rebelles présents au moment des faits jurent qu'une larme de Lymbia est tombée sur la main mécanique avant que le roi n'expire, lâchant de sa main désormais flasque, le flacon dont le précieux liquide se répandit sur le sol jaune, aussitôt bu par le sable.

Ce conte est presque terminé. Six accrocha la main métallique sur son moignon. Magie ? Mécanique ? Celle-ci se greffa immédiatement aux nerfs lacérés, aux muscles broyés et aux os fracassés.
Il sentit un étrange frisson le parcourir, hurlement de rage silencieuse. Avec un haussement d'épaule, tout à la joie d'être de nouveau en possession de deux mains, il n'en tint pas compte sur le moment.
Avec un salut silencieux en direction de la princesse sanglotant auprès du cadavre de son père, il quitta Barkhane, puis le Royaume de Dessous la Dune.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Jeu 19 Fév - 20:03

- Voilà l'essentiel. Il me reste à enjoliver, rajouter quelques descriptions pa ci, une ou deux ambiances par là, mais voilà l'histoire telle que j'ai pu la reconstituer...

- Et qu'est-ce qui est vrai là dedans ?

- Hum.. Peut être tout....

- Ou peut être rien... Comme d'habitude... Si ça se trouve, sa main est un vulgaire crochet fabriqué par le forgeron du coin à partir d'un morceau d'une vieille ancre rouillée...

- Très excitant comme histoire, Stev... T'as aucun sens du récit, tu le sais, ça ?

- Je suis là pour les faits, moi, pas pour les contes... Il est vrai que les chroniques de Lupus mentionnent la destitution de Feld Spath par sa fille et l'accession au trône de Muscovite... Mais aucune mention de ton pirate....

Leur conversation fut soudain interrompue par l'entrée dans la taverne d'un individu boiteux, aux vêtements crasseux, dont le visage couperosé était parsemé de poils épars roussâtres.

Rheuheu... C'est vous la menestrelle ? La dame qui s'apelle Melody Wilson ?
Nelson... pas Wilson...
Mouais bon, on s'en fout. T'es menestrelle, nan ? Et le rabougri, là, c'est le savant ? J'ai une lettre pour vous... Tenez...
Une lettre ? DE qui ?
Chais pas. M'en cogne. M'a juste dit que vous me donneriez un p'tit kekchose, genre pour remercier, vu qu'il parait que z'etes éduqués de la Ville et tout...
Stev, donne une pièce au.. monsieur...
Trop aimable, le gob'. J'boira à ta santé, piot... Sur ce, m'sieurs dames... Bon vent..

Un demi tour vacillant et l'homme sortit de la taverne, toujours claudiquant, pour se perdre dans les ruelles du port.

Tu l'ouvres, cette lettre ?


Dernière édition par Six le Ven 20 Fév - 23:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Ven 20 Fév - 23:41

Chère Mélody, Cher Stevenson.

J'espère que vous allez bien et que ce bon vieux Marcus s'occupe correctement de vous.
Comment se déroule votre séjour à Amster Damné ? J'espère que vos recherches ne vous prennent pas tout votre temps et que Stevenson trouve quand même quelques minutes (il ne lui en faut pas plus) pour goûter aux charmes des beautés exotiques du port...

Mais trêve de plaisanteries.
Tout occupés que vous êtes, vous en négligez vos proches... Quel malheur que cela!
Heureusement, en séjour actuellement à Lonedonne, je me suis senti obligé de prendre des nouvelles de ceux qui vous sont chers.
Un prêté pour un rendu, en quelque sorte...

Stev, tes parents vont bien. Mais ils s'obstinent à aller se promener, tous les deux, le soir venu, avant le diner. Tu sais pourtant que votre quartier n'est pas sûr.... Qui sait ce qui pourrait leur arriver si je ne portait pas une attention vigilante sur ces deux vieux et fragiles gobelins ?

Mélody, ta soeur, Harmony, embellit de jour en jour. C'est une jeune fille, presqu'une femme, d'un abord agréable, pour ne pas dire accueillant. Elle ne se méfie pas assez des étrangers et des inconnus, cependant. mais tu sais ce que c'est, les gamines, toutes romantiques, fascinées par les histoires de mondes inconnus. ne t'inquiète pas, nous avons sympathisés et je prends bien soin de protéger son honneur...

En souhaitant que vos recherches vous donnent satisfaction, recevez ce cordial salut de ma part et l'assurance qu'avec moi, vos proches sont en de bonnes mains...

Votre dévoué admirateur.
۶
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Lun 2 Mar - 22:42

Mel! Mel!
Regarde ce que je viens de trouver chez le bouquiniste de la rue des skeletons grassouillets.


Hmm ? C'est quoi ce bouquin ?

Regarde : Chroniques du Sultanat, Tome XXVIII. Du règne de Sernam Le transporteur et des complots de cour qui présidèrent à sa chute.

Ça a l'air émoustillant... Enfin, plus que ta dernière trouvaille... C'était quoi déjà ? Le livre de compte de Radis Jacob, fermier orc et bio de la province septentrionale de Robe Inwood, c'est ça ?... Toutes ces colonnes de chiffres sur le prix des herbes de Province... J'en avais des frissons dans les reins...

C'est dans ta formation, les blagues à deux biftons ? ...
Sultanat ? Ca te dit rien ? Tu te rappelle pas ? Le vieux Taurens ?
Ecoute.... Là, dernière page... ahem ahem...


"Or, une semaine avant le jour béni où devait être célébré le 45ème anniversaire de Bien aimé Sernam, il advint effroyable tragedie en les murs du palais.
L'Emir Cheuk Norhys, chef de guerre de l'Empire, Général aux mille victoires, Brave parmi les Valeureux, fut retrouvé sur le sol de sa chambre, nu et égorgé, baignant dans son propre sang.
Grand emoi dans le palais des mille plaisirs ! Grands soupçons se portèrent rapidement sur le mignon de l'émir, jeune esclave exotique ramené de la dernière campagne contre l'hérétique ennemi du nordeste. La disparition de l'éphèbe, renommé Sawan suivant la tradition du deux fois ouint et bienheureux Messie, ne pouvait que le désigner comme coupable idéal. Bien connue est la traitrise et l'ingratitude de ces sauvages qu'on tente de civiliser malgré leurs instincts bestiaux.

Moultes recherches furent lancées dans le palais, les trois mille jardins et jusque dans le harem royal pour retrouver le jeune éphèbe.
Le Sultan voulait à tout prix retrouvé le meurtrier avant la somptueuse fête d'anniversaire de son impériale personne car l'Emir, par les richesses qu'il avaient permises grâce à ses conquêtes, était homme aimé et respecté du petit peuple.

Et ?

Ben ça se finit là... La suite doit se trouver dans le tome XXIX.... Mais... Quand tu compares avec l'histoire du vieux.... Ya des similitudes non ?

Eh! Crâne d'oeuf... La lettre ? Tu te rappelles ? Tu veux devenir orphelin ? T'as envie qu'il arrive malheur à tes vieux ? Parce que moi, ma frangine, je l'aime bien, vois tu...

Ouha eh oh... tout de suite, les chocottes.... Tu sais comment sont ces pirates... Que de l'esbrouffe... Et tu sais quoi ? Tu n'as qu'à diffuser sa légende tiens... Récite les contes, participe au mythe... Voilà qui devrait lui plaire et nous assurer sa clémence... Suffisant et imbu de lui même comme il est....

Oui... C'est une idée.... C'était comment le nom de l'esclave déjà?...

Sawan... Pourquoi ?

Ca me dit quelque chose... J'ai déjà entendu ce nom là... Mais dans un autre conte.... Que je me souvienne... Ah ça y est, je sais !

Où ? Un rapport avec Six ?

Peut être... Attends moi ici, je reviens.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Mar 14 Avr - 2:05

Deux heures plus tard, la jeune ménestrelle était de retour dans l'auberge, le cheveux humide mais l'oeil vif et le teint rosé d'excitation. Elle se dirigea d'un pas vif vers le comptoir où trônait le scribe, perché sur un tabouret, concentré dans une partie de Mah Jong contre le gros Marcus.
Elle tenait à la main une revue à deux sous, de celles publiées sur du parchemin recyclé aux feuillets maintenus ensembles par une ficelle de chanvre brut, le genre de revue qu'on achète à l'épicerie du coin pour les enfants obéissants et narrant en quelques paragraphes mal ronéotypés les aventures extraordinaires de quelques héros exotiques aux pouvoirs merveilleux.

Elle brandit la couverture tâchée de la revue sous le nez des deux compères :


Stevenson y jeta à peine un coup d'oeil.

Une nouvelle lubie, Mel ? Je croyais que tu t'intéressais à Six ?

Abruti... Regarde le nom... Sawan.... le même que l'esclave... tu te rappelles ? Où jouer aux dominos t'a grillé tes trois neurones ?

Sawan... Six... rien de concret dans tout ça.... On se raccroche à n'importe quoi....

Regarde le nom de l'auteur de la revue. Je me suis renseignée. Il s'agit d'un vieil elfe qui demeure... Devine où ? Ici, A Aster Damné, dans les quartiers de la colline. Je suis sûre que tu vas me supplier de m'accompagner lui rendre visite...

Nan... 'bsolument pas... Aïeee pas les oreilles !!! Ok, ok je viens. Je dois abandonner la partie Marcus.... T'as de la chance...
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Mar 14 Avr - 2:33

Le temps de traverser la ville, de grimper les rues aux esclaiers escarpés qui menaient aux quartiers chics et nous retrouvons l'apprentie troubadour et le gobelin devant une villa aux murs immaculés et à la porte peinte en bleu roi.

D'un geste résolu, Mélody attrapa le heurtoir en forme d'ancre et le cogna vigoureusement contre la plaque de cuivre martelée.

Ils entendirent un pas trainant puis la porte s'ouvrit sur une haute silhouette.
L'homme qui se tenait devant eux avait les cheveux gris et long, les sourcils touffus et ce visage lisse et comme cireux que possèdent les elfes très âgés.
Il les toisa sans un mot, mais avec un air plutôt bienveillant.

Mélody se lança :
Excusez nous de vous déranger, Maitre... Nous sommes en quête de renseignements sur... Euh... Voilà, nous avons trouvé ceci...
Elle lui montra la revue déjà bien chiffonnée.
Pourriez vous nous racontez d'où vous tenez cette histoire ? C'est qu'on pense que peut être le héros de ce conte, enfin si c'est un conte, est peut être la personne sur laquelle on fait des recherches et..euh..

Du calme, mon petit...
Vous allez entrer, prendre place dans le patio, là où j'ai installé mon atelier. Pendant que je vous servirai un verre de vin bien frais, vous me raconterez avec calme et méthode pourquoi vous vous intéressez à ce conte. Et si votre histoire me plait, je vous conterai les circonstances singulières qui m'ont amené cette histoire...
car voyez vous, mes enfants, c'est le héros lui même qui m'a raconté ceci...
Mais entrez, entrez...


Les deux étudiants suivirent le peintre le long d'un couloir aux murs ocres puis débouchèrent dans une cour intérieure qu'ombrageait un gigantesque fromager. Des toiles de toutes tailles étaient accrochées sur les 4 murs. Une en particulier retient immédiatement l'attention de Stevenson.


Elle est belle n'est-ce pas ? J'en suis très fièr. C'est ce jeune homme qui me l'a commandé... Il a passé des heures ici à me la décrire, jusqu'à ce que le portrait lui semble ressemblant.... Mais tout d'abord.... le vin ... et votre histoire.... prenez place, ici, sur ce sofa.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Ven 17 Avr - 10:58

Les deux étudiants prirent place sur le sofa aux coussins tendus de soie et acceptèrent le verre de vin embué que leur tendit le vieil artiste.
Mélody échangea un regard avec le gobelin puis se lança.

Elle raconta tout, parfois interrompue par Stevenson qui ajoutait un détail : leur idée de recherches à l'académie, leur rencontre, leur envie de faire une étude à la fois de légende et d'Histoire, leur arrivée à Aster damné, les renseignements épars qu'ils avaient réussi à accumuler sur le personnage, la frustration du scribe face à la pauvreté des informations vérifiables et la joie de la troubadour face à la richesse des contes, le recoupement entre l'histoire supposée de Six et celle d'un jeune esclave à plaisir du nom de Sawan, la découverte de petit livre pour enfant et leur venue en ces lieux.

Ilarin écouta le récit silencieusement, se contentant de remplir régulièrement les verres de cristal. Il ne prit la parole que lorsque Melody se tut, attendant un commentaire de sa part.

Voilà une histoire joliment racontée... Peut être pourrions nous en faire un livre ? Je me chargerai des illustrations ? Vous avez rempli votre part du marché avec bonne grâce.
Je vais donc vous raconter l'histoire de ce tableau et de ce petit conte... Je suis sur que vous allez adorer...

Il y a de cela quelques saisons, alors que tombait la nuit, un jeune homme se présenta, tout comme vous l'avez fait aujourd'hui, à ma porte.
Brun, les yeux sombres, fièvreux même, vêtus de pauvres frusques de mauvais coton, pieds nus, une besace de jute comme seul bagage, il venait me faire une proposition inhabituelle : me commander un tableau en échange d'une histoire.
Je n'aime pas me vendre, et encore moins me brader... Mais cet homme m'intriguait. sa façon de parler déjà. Il parsemait son discours d'expressions exotiques, son accent changeait au gré des phrases, comme s'il ne venait de nulle part... ou de partout.
je lui fit alors l'offre suivante : je lui ferai un tableau mais la taille de ce tableau et le soin que j'y apporterai dépendraient de la richesse et de l'intérêt de son récit. Seul moi serait juge si son histoire méritait une fresque murale ou un croquis sur un morceau de nappe.

Il accepta, résigné. Il s'installa ici, près de la fontaine, assis en tailleurs sur ce tapis du Sultanat.
Je lui fit servir du thé et appelai Renim, mon secrétaire, afin qu'il prenne note du récit.

L'elfe se leva, traversa le patio et pénétra dans la villa. Il revint quelques minutes plus tard avec un parchemin enroulé à la main.

Je vais vous le lire.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Mer 22 Avr - 18:22

Je me nomme Sawan.
Mais ce nom n’a aucune importance, comme vous le verrez. Mais il vous en faut bien un, alors autant prendre celui là.

Mon récit débute lorsque je suis dans un petit sloop, à peine un voilier, tout juste une grosse barque. Je circule difficilement entre les îlots de l’archipel des pluies.

En fait, j’étais perdu.
J’étais à la recherche de la cité Armada, vous savez, la cité pirate faite de différents navires amarrés les uns aux autres. Oui, bien sûr qu’elle existe... Mais pour trouver une ville qui navigue.... Ce n’est pas facile...
J’étais donc dans cette petite embarcation à la voile en lambeaux, sans vivres, avec tout juste une gourde d’eau, tentant de percer le brouillard laiteux qui pesait sur le chenal que je venais d’emprunter.

Je décidai alors de rejoindre le rivage, pour me reposer, remplir mes outres d’eau douce et trouver quelques fruits. Je choisis la plus grosse île à bâbord, celle qui s’élevait comme une masse sombre et vaguement menaçante dans la brume.

L’air était aussi humide sur cette plage, trempant mes vêtements tandis que je halais le voilier sur le sable. Cela faisait plus de 20 jours que je naviguais et j’étais épuisé.
Je n’avais aucune idée de l’heure. Tout ce que je savais, c’était qu’on était le jour mais j’avais perdu toute notion du temps depuis que j’avais dirigé ma barque dans l’archipel.

Tout ce dont j’avais envie, c’était d’un endroit sec et abrité et d’un feu qui réchaufferait mes os, au moins pour quelques heures.

Me guidant plus à l’oreille qu’avec la vue, je me dirigeai vers un ruisseau que j’entendais chantonner à l’orée de la forêt. J’y remplis mes outres.
La nourriture, ça serait pour plus tard, je n’avais pas envie de perdre des heures à tenter de trouver des aliments comestible dans cette purée de poix. Plus tard, peut être que le brouillard se lèverait, que les pluies torrentielles qui on rendu cet archipel célèbre nettoieraient, pour une heure ou deux, cette chape grisâtre.

Alors je suivis un sentier, à tâtons qui s’enfonçait dans la forêt de fougères géantes, montant doucement vers la montagne, devenait plus rocailleux, plus glissant au fur et à mesure qu’il s’élevait. Une grotte, une caverne, une anfractuosité qui me permettrait de me sécher, voilà tout ce que je réclamais.

Ca faisait plusieurs minutes que je grimpais ce qui semblait être une petite montagne, ou une grosse colline lorsque j’aperçus soudain, sur la paroi grise, une tâche plus sombre. Je m’y dirigeai rapidement. Je ne m’étais pas trompé, c’était bien l’entrée d’une caverne.
Je m’y engouffrai avec soulagement.

Dans ce qui semblait être une ouverture, formant comme une antichambre, je découvris un fagot de bois mis à sécher.
Des occupants ?
Méfiant, je dégainai mes poignard avant de m’enfoncer dans un boyau étroit.
J’étais prêt à rencontrer toute une tribu de sauvages plutôt que de subir encore cette atmosphère humide et quasi solide.
Le boyau de pierre grise serpentait sur quelques mètres avant de déboucher sur une salle plus grande. Une salle avec des torches disposées au mur. Des torches allumées...
Vers le fond, un couloir, lui aussi éclairé, semblait s’enfoncer plus profondément dans la montagne.
Il y a quelqu’un ?
Ma voix résonna sur les murs, s’envola vers le plafond invisible avant de revenir, atténuée et assourdie, écho pitoyable.
Personne ne me répondit. Pas un bruit, pas un bruissement, pas un caillou ricochant. Rien. J’étais pourtant certain que cette caverne était occupée. Le sol de la salle était balayé, les torches crépitaient, l’air était sec et chaud.
J’empruntais donc le couloir, en quête des occupants de cette caverne.

Quelques mètres sur un trajet rectiligne et j’aboutis dans une pièce moins bien éclairée. Seul l’éclat de quelques torches me permettait de distinguer le contour des différents objets qu’elle contenait. J’attendis quelques instants, le temps d’habituer ma vue à cette nouvelle obscurité. Je crus distinguer des silhouettes immobiles.
De nouveau, je hélai d’éventuels habitants. Aucune réponse.
Poignard tendu, les nerfs à vif, je m’avançai dans ce puits d’ombre.

La salle était encombrée de statues que j’avais prises au début pour des personnes de chair et de sang. Elles représentaient des humains, des orcs, des ratlings... Toutes les races de Munuroe. Leurs traits étaient finement ciselés, leurs vêtements délicatement taillés jusqu’au moindre pli. Etrange oeuvre d’art.. Je sentais une partie de mon esprit hurler, tenter de me faire comprendre quelque chose, quelque chose de dangereux, quelque chose sur les anciennes légendes mais, perturbé par cette foule de pierre, épuisé par des jours de navigation, affamé et trempé, je n’arrivais pas à l’entendre...

Il a fallu les sifflements pour que brutalement je comprenne.
Des sifflements qui soudain se firent entendre alors que je contournais la statue d’un elfe à l’épée brandie.
Des sifflements moqueurs et avides au niveau de ma tête.
Et là, je me souvins des anciennes légendes. Là,je compris d’où provenaient ces sifflements, d’où venaient ces statues de navigateurs comme moi égaré.
Je fis la seule chose à faire. Je fermais les yeux.

Faisant des moulinets de mon poignard, bras tendu, j’entendis avec horreur les sifflements se rapprocher. Tout mon instinct me hurlait d’ouvrir les yeux pour repérer l’ennemi, mais je les maintenait clos, désespérément clos.

Un choc soudain au niveau de ma poitrine et je basculai en arrière, tombant lourdement, surface froide de la pierre sous mon dos. Un poids sur mes cuisses et mes hanches, un étau sur mes poignets. J’étais impuissant, immobilisé et aveugle.
Je sentis soudain une langue, des langues, humides et bifides me chatouiller le front, les paupières, les tempes tandis qu’un souffle chaud caressait mon visage.

Mon poignet fut brusquement soulevé et cogné contre la pierre dure. Je lâchai mon arme que j’entendis résonner en glissant sur le sol froid.

Puis cette voix, rauque, sensuelle et dangereuse :
Bienvenue dans mon antre, petit matelot. Bienvenue chez Méduse
.
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 24 Mai - 19:08

Mourir.
J'étais sûr que j'allais mourir.
Étranglé par ses mains froides, empoisonnées par des milliers de morsures venimeuses...
Ou pétrifié d'un regard, nouvelle statue dans cette caverne qui en contenait tant.

N'aies pas peur...
Tout ça n'est qu'un jeu.
Tu n'es pas venu par hasard en mon domaine, marin.
Je suis là pour te rendre ce qu'on t'a enlevé. Ce dont on t'a dépossédé... Mais seras-tu capable de l'accepter?


Je restai coi, tétanisé par la terreur, les paupières obstinément closes.
Un silence, uniquement rompu par les susurrements de sa chevelure.

Hmmm. Peut être pas.... Peut être n'est tu pas prêt à recevoir ce cadeau. Les blessures sont trop profondes... Et bien, soit...
Que vaut ta vie, marin ?
Contre quoi es tu prêt à me l'échanger pour quitter sain et sauf cette caverne et cette terre de brume ?
Qu'es tu prêt à sacrifier ?

Que pouvais-je lui proposer ? Je n'avais rien. Esclave en fuite, je n'avais qu'une mauvaise barque et deux vêtements de cotonnade.
Et pourtant, je sentais qu'elle ne jouait pas, qu'il y avait une possibilité d'en réchapper.
Je devinai le sacrifice à accomplir mais la peur m'empêchait de comprendre exactement de quoi il s'agissait.

Un mouvement au dessus de moi, que je sens au mouvement d'air qui me frôle le visage.
Puis des lèvres froides et humides contre mon oreille alors que sa chevelure, sèche et chaude, se tortille sur mon visage :
Ton nom, mon mignon.
Ton nom contre ta vie.
Offre moi ce noyau de toi que personne n'a encore abîmé et je t'offre ta vie.

Mon nom. Je l'ai toujours gardé secret, dès le moment ou mes parents m'avaient vendu. Mousse, esclave, matelot, jamais je n'ai livré mon nom. Ce nom était mon rempart et mon armure, la flamme dans l'obscurité qui me rechauffait la nuit, m'empêchait de sangloter ou de m'ouvrir les veines.
Sans mon nom je n'étais plus rien.

A quoi bon vivre sans nom ?
C'est ce que tu te dis n'est-ce pas.
Mais ta vie sera bien plus qu'un nom. Un nom, tu en retrouveras un. Mais ta vie... Ta vie pourra être riche.. Lorsque tu seras guéri.


Une main glacé qui entoure ma gorge.

Maintenant. Choisis.

Je suis ici, à vous raconter cette histoire.... Vous devinez donc quel fut mon choix. Je cédai mon nom.
Yeux clos, la gorge enserrée par un étau de glace, je lui livrai mon nom.
Et au moment même où je le prononçai.... Je l'oubliai.
Plus rien, dans mon esprit, dans ma mémoire. Lorsque je pensais à moi, lorsque je pensais à mon passé, rien. Je me souvenais de tous mes pseudonymes, de tous mes surnoms mais j'avais perdu irrémédiablement mon vrai nom.
Mais j'étais vivant.

Elle accueillit mon nom avec un ronronnement de plaisir, comme une jouissance.

Ahhh... merci.... Merci de ce présent...

Sa main qui se détache, son poids qui se lève de mes hanches.
Lève toi. Je vais te guider.
Sa main sur mon coude, j'avançai à tatons, guidé par cette paume sur mon bras.
Au bout d'un moment, je sentis l'air humide de l'extérieur sur le visage.

Voilà. Tu peux repartir. Tu es libre.

Sa main était toujours sur mon bras. Elle s'approcha, écrasant sa poitrine contre mon dos.

Mais je peux t'offrir ce qui te manque.
Ce qui te permettra de profiter pleinement de ta vie. Même sans nom...
La confiance....



Dernière édition par Six le Dim 24 Mai - 21:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il y a trois sortes de gens : les morts, les vivants et ceux qui sont en mer   Dim 24 Mai - 20:33

Je restai ainsi un moment, debout et immobile, paupières définitivement closes, le visage humidifié par la brume, les bras ballants, les jambes vaccillantes.
Libre, m'avait-elle murmuré d'un ton rauque et moqueur.
Mais libre de quoi ?
Enfant j'avais été cédé comme mousse.
Adolescent j'avais servi de réceptacles aux plaisirs pervers d'un maître cruel.
J'avais toujours lutté, toujours combattu.
Ne faire confiance à personne. ne jamais croire, ne jamais aimer.
Rester seul, attendre l'occasion, se protéger, dissimuler.
Car malgré tout, j'étais quelqu'un. J'avais un nom, j'étais un être humain.

Mais à ce moment là ?
Oui, j'étais libre, oui je n'étais plus esclave. Libre de ma destinée. mais j'étais vide. creux. Dépossédé de mon nom. Je n'avais plus rien. Et elle me parlait de confiance.
La confiance était morte bien avant qu'elle ne me prenne mon nom
Ma confiance avait du mourir un chaud après midi alors que j'étais écartelé sur un lit de supplices.

Mais que me restait-il ?
Une pointe d'espoir, peut être.
Cet espoir qui m'a fait me tenir immobile au lieu de dévaler la pente et de m'enfuir.
l'espoir que peut être, elle était suffisamment magicienne pour me remplir.
Me donner cette confiance qui me permettrait de me reconstruire.
Alors j'ai soufflé, presque sangloté :
J'accepte.

D'une main sure, elle m'a retourné. Je la devinais face à moi.
La confiance.... Tu la veux ?
Prends la !
Ouvre les yeux !


Et je les ai ouvert.
parce que... Je n'avais plus rien à perdre. Parce que je voulais accorder ma confiance, la retrouver, qu'elle remplace ce nom à jamais perdu.
J'ai ouvert les yeux.
Et je l'ai regardé.
Prêt à sentir mes muscles se durcir, mon sang se figer.
Elle était en face de moi.
Yeux fermés.
Méduse aux paupières closes, au regard meurtrier emprisonné.
Elle souriait. Elle était belle.
Et j'étais vivant.

La confiance s'accepte. La confiance se donne.
Il ne suffit pas d'accorder sa confiance.
Il faut aussi qu'on ait confiance en vous.
Ainsi la guérison est complète.
Ainsi la confiance est rétablie.
Tiens. Je t'offre ce présent. Prends le.

Dans sa main tendue, légèrement tremblante, elle tenait un miroir. Un miroir à main tout simple, au tour d'argent terni.
Délicatement, j'attrapai le miroir.
Sa chevelure serpentine s'agita, comme nerveuse.

Je vais ouvrir les yeux maintenant.
dit-elle d'un ton rêveur et sensuel.
Sur quoi va se poser mon regard, a ton avis ?
J'ai confiance en toi.


Je tenais l'objet de sa perte entre mes mains. Il suffisait que je brandisse le miroir pour m'en débarrasser.
Pour entrer en possession de tous les trésors que devait contenir sa caverne.
Je vis ses longs cils trembler, lentement se relever.
Je posai la glace contre mon torse et fermai les yeux.
Elle me faisais confiance.
Et j'acceptai d'être digne de confiance.
J'acceptai qu'on croie en moi.

J'entendis un sifflement étonné. Un rire amusé et soulagé.
Puis ses lèvres contre les miennes.

C'était mon cadeau. Chéris le toujours.
En voici un autre... Accepte le.

Je repartis le lendemain.
Avec le miroir comme unique trophée.
Je n'avais plus de nom.
Mais j'avais retrouvé la confiance.
J'étais prêt.
Six

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