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Histoire d'une fin annoncée
Mar 16 Mar - 17:56 par JustMax
Beaucoup s'en doutent depuis un bon moment.
D'autres se le cachaient pour y croire encore.

On a tenté plusieurs manoeuvre de réanimation?
Massage cardiaque, insufflation, et autre tripotage peu courtois.

Rien n'y a fait.

On s'est fait beaucoup de mal ces derniers temps.
Beaucoup de mal a s'acharner.

Le concept de Munuroe avait un potentiel, mais nous, avions nous vraiment la compétence pour …

Commentaires: 0
La chronique du Dr CPJ - C'estPasJust, chronique informative et politiquement incorrect.
Mar 8 Déc - 21:18 par Dr CPJ
Je repensais à ce que quelqu'un nous a dit en claquant la porte. D'ailleurs, un écho s'est glissé par la fenêtre après son départ en haussant les épaules et en dandinant du cul : Nous sommes fragiles et vacillants comme la flamme d'une bougie, trop instables pour qu'on y consacre son énergie créatrice.
C'est difficile de répondre à un écho. ça vient de loin, c'est aussi franc qu'un âne qui …

Commentaires: 3
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 Eden ?

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MessageSujet: Eden ?   Mar 8 Sep - 20:57

- Qu’est ce tu y sais aux femmes toi ? s’exclame l’objecteur, en espérant lui clouer le bec.
- J’m’y connais, puisque j’ai perdu la mienne.
Les trois hommes ont un hochement de tête approbateur.
- Je t’ dis que c’est une sorcière, reprend celui qui sait. Sinon, comment t’explique que le Cuistot en soit dingue ?
- C’est pas parcequ’elle vient du Sud, qu’elle fait des trucs avec des grigris.
- Du vô-dou, corrige l’érudit.
- Range ta corde toi, au lieu de ponctuer.

La journée est paisible. La mer calme. Alors des mâles s’autorisent un Conseil viril.
Sous couvert d’un entretien des cordages, ils guettent les gestes de leur intrigante passagère.
Ils font ça souvent. Depuis les mois qu’elle est à bord. Ils savent qu’elle sait qu’ils sont là. Et tous font semblant de rien.
Sur le quatre mats goélette, elle est presque devenue un membre de l’équipage. Volontaire, débrouillarde, elle a amadoué le capitaine qui pose sur elle un regard paternel, et ensorcelé le cuisinier en chef qui lui réserve le meilleur de ses petits plats.
D’où la contrariété des autres. Entre jalousie infantile et fantasme d’adultes.

- Elle est moche en plus, juge cruellement, encore une fois, celui qui sait. Trop maigre. Trop grande.
- Des jambes d’une longueur pareille me laissent plutôt rêveur…
- Normal t’es un gob’ ! Court sur pattes.
Les rires ne se cachent pas, histoire de faire baisser la tension qui règne sur le Conseil, depuis que la belle scrute l’horizon sans le moindre mouvement. Statue de sel, figée dans la contemplation mystique et l’attente.

- Il y en a beaucoup… des comme ça… dans le Sud.
- On dit qu’ils sont noirs, explique l’érudit gobelin dans un murmure. Mais je les trouve plutôt bruns. Marron. Un ratling peut être vraiment noir, un taurens aussi. Mais c’est à cause des poils. Un humain…
- Ca dépend. Regarde le Thomas quand il se lave pas.
- Gris.
Hochement en chœur des trois tignasses mal peignées.


Dans quelques jours, la terre.
Cet espoir à portée de main arrache un sourire à la jeune femme.
Cinq mois sur l’Ecart III finissent par lui picoter dans les jambes. Le roulis de la vie en mer l’amuse à petite dose, mais même si le voilier est grand, elle a besoin d’espace.
Le comble… se sentir coincée, dans quelque chose d’aussi vaste qu’un océan.

La suite est assez simple. Toujours la même rengaine habituelle. Le train train routinier de celle qui ne se pose jamais.
Fouler le plancher des vaches, se dégoter une piaule pour quelques semaines, trouver un petit boulot, et attendre de voir.
Voir les gens. Voir la vie. Voir l’amour. Jusqu'à ce que les vents la chatouillent à nouveau. Puis repartir. Bouger. Toujours.

Fermant les paupières quelques instants, elle hume l’air marin en silence, les mains accrochées au bastingage.
Ça sent le sol, le sable et l’humus. En note de fond, derrière le parfum de la mer. Ça sent le pain à la croute qui croustille, les fruits frais de saison, la laitue croquante, le lait de la traite matinale, l’eau de rose et la cannelle…
A l’évidence, la faim l’influence. Elle ouvre les yeux, avec un nouveau sourire sur ses lèvres pulpeuses. Le vent pue juste la poiscaille et le sel. Et l’homme qui se néglige, note t-elle avec un discret plissement de nez.

Le Conseil des cordeurs est réunit. Les pauvres s’ennuient ferme.
Elle leur offre une distraction de choix, portant des shorts à la petitesse outrageante ou des ingénus tee-shirts trop serrés, pour nourrir leurs frustrations diverses. Tant qu’à faire, de couleur pastel les fringues, pour bien faire ressortir la teinte foncée et peu commune de sa peau.
Magicienne ou putain, qu’ils pensent ce qu’ils veulent, de toute façon, ils n’osent pas la toucher. A part Lamarre, elle les dépasse tous en taille. Ça doit perturber leur virilité. Elle, ça l’amuse.
Tout le monde y gagne au final.
Surtout Martinez, le cuisinier. Et elle a les crocs.


Elle s'anime enfin. Le port altier d’une reine exotique en drapé, quand elle passe devant les trois marins, sans leur adresser le moindre regard. Les petites perles en bois, à l’attache de ses nombreuses tresses, accompagnent sa démarche chaloupée d’un tintement gracieux.

Cinq yeux suivent son départ sans pudeur. Le borgne, c’est celui qui sait.
- J’vous dis qu’elle l’aura tué avant la fin du voyage… marmonne t-il avant de cracher par-dessus bord.
Eve. Tss ! Le nom de la première des pécheresses. C’est pas pour rien. Je sais… je connais les femmes moi.

Les deux autres haussent les épaules de concert.
Il faudra bien un jour que quelqu’un lui dise à ce vieil idiot. Si sa femme l'a quitté, c’est, justement, parcequ’il n’y comprend rien.


Dernière édition par Eve le Ven 11 Sep - 17:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Eden ?   Mar 8 Sep - 22:28

Les odeurs sont une faille.
On ferme les yeux pour échapper à une vision insoutenable, on crie pour couvrir une parole qu’on ne veut entendre, on se dérobe pour éviter le contact, on garde la bouche obstinément close face à une saveur détestée.
Mais face à une odeur, nous sommes impuissants. Il nous faut bien respirer.
Alors elle nous assaille, pénètre en nous, semble emplir nos poumons et réveille en nous, malgré nous, contre nous, des souvenirs.
Les souvenirs les plus anciens et les plus puissants sont les souvenirs olfactifs.

Odeur d’iode et d’océan.
Image soudaine de cette soirée dans cette ville aux murs brûlants, cette ville lovée contre son amant de fleuve, ocre et indolent.
Couverture épaisse de chaleur lourde, corps nus et alanguis qui frissonnent parfois lorsqu’un soupçon de brise les caresse.
Brise du fleuve, intermittente, au gout de cet océan, là bas. Odeur de vague qui s’est chargée sur plusieurs kilomètres, des senteurs d’herbes desséchées, de terre craquelée, de fruits trop mûrs.
Odeur de grand large corrompue par la chaleur et la brousse.

Senteur qui se mélange à celle de sa peau, à portée de bouche, âcre et musquée après l’amour, érotisme salin.

Les odeurs sont une faille.
Que la mer s’annonce dans les poumons et c’est son image qui ressurgit, peau luisante et fragrance collante du karité
Et ses paumes s’appuyant sur le torse tandis que, chevauchante, elle danse et domine.

Qays Djeema Al Fanâ

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MessageSujet: Bar à l'Orange   Ven 11 Sep - 17:33

Contre toute attente, Martinez n’est pas mort.
On raconte qu’il porte un nouveau tatouage. Mais nul ne sait quoi, et nul ne sait où. En tout cas, il ne s’en vante pas.
Le marin garde la mine fière, quand il débarque de l’Ecart III avec le reste de l’équipage. Pourtant, dans son regard digne flotte une étincelle qui s’efface, fugace comme un soupir de dépit.



***********

- C’est hors-de-ques-tion !
La voix tonitruante devance l’homme.
Petit, blanc comme un linge, maigre et nerveux, les cheveux rares grisonnant jusque sur sa barbe artistiquement mal taillée, il sort de la cuisine en claquant la porte battante au passage, jetant son torchon sur le comptoir du bar en bois.

Son épouse sursaute à l’éclat, alors qu’elle est en train de finir un tricot, sage sur un banc de la pièce principale. Sur son visage joufflu, un sourire nait discrètement quand elle comprend qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter. Le Père est encore en train de se disputer gentiment avec leur petite pensionnaire.

"Petite", n’est pas tout à fait l’adjectif qui convient le mieux à la jeune femme qui sort tranquillement à la suite du vieux.
Grande et longiligne, elle pourrait poser son broc de bière sur la tête du bonhomme qui s’énerve tout seul.
Habillée de vêtements tachés, à l’évidence destinés aux boulots ingrats, elle ricane, jouant avec une clef de douze du bout de ses longs doigts bruns.

- Regarde dans quel état il se met, la Mère ! Je lui ai juste donné une idée pour le menu de ce soir… , minaude-t-elle , mielleuse, à la petite femme, tout en coulant un regard en coin, de pure taquinerie, vers le tenancier de l’auberge.
- Des oranges ! Ça va pas nan ?! Et pourquoi pas des fraises tant que t'y es ?! tonne le vieux, ulcéré.
- Pardon, mais ça serait bête de pas écouler tes fruits qui pourrissent. Puis c’est vachement bon avec du bar.
Nonchalante, elle s’assoit sur un coin de table et étire les jambes.

Elle reprend.
- C’est pas parceque tu n’y avais jamais pensé toi-même que l’idée est mauvaise. En Assy, ils cuisinent souvent les viandes avec des fruits, par exemple. Le mélange des textures fondantes et fermes, des saveurs sucrées et salées... hmmm…
Toute à son souvenir, elle illustre avec les mains, mimant la tendreté d’un abricot cuit, ou le moelleux d’une pomme au four, accompagnant une pièce de porc. Dans ce bled, ils ne mangent que du poisson on dirait, alors il faudra faire avec.

Un « pff » rauque et dédaigneux vient clôturer le débat. Il n’y aura pas de fruit dans les assiettes hors des tartes pour le dessert.
La Mère a reprit la confection de son écharpe.
Le vieux éponge son large front avec le torchon. De l’autre main, il sort une bouteille de gnole d’un placard, et la pose sur le chêne du comptoir. Deux petits verres côte à côte. Sa façon muette d’enterrer la hache de guerre.

Eve le sait, et se lève pour se joindre à lui.
L’outil de fer va retrouver quelques copains à lui calés à la ceinture de cuir. Gants poussiéreux, tournevis plat et pince coupante. Le cruciforme est planté dans l’épaisse masse de cheveux de la demoiselle, dans une sorte de chignon de fortune, menaçant à tout moment de lâcher des mèches sombres à l’âme vagabonde.

Le sourire qu’elle lui adresse est sans malice. Un de ces sourires d’enfant, complètement sincère. Le genre à découvrir dents et gencives.
Le contraste entre la blancheur étincelante de sa dentition et les différentes nuances de marron de son visage a encore le don, au bout d'un mois qu'elle vit là, de surprendre le Père.

Il l’aime bien cette gamine. Quel âge elle doit avoir ? À peu près la trentaine ?
Sans môme, sans homme.
Elle a vadrouillé. Ça se voit à ses affaires. Que de l’utile, du pratique. Le genre de trucs qu’elle peut mettre dans son sac-à-dos pourri, usé et chéri jusqu'à la corde, qu’elle doit se trimballer depuis des années.
Il croit pas qu’elle ait des fanfreluches de gonzesses, type dentelle et maquillage. A la limite, un bâton de rouge à lèvres. Mais elle a déjà la bouche tellement pulpeuse, faut dire, que la colorer c’est pousser au crime.
Les compliments grivois vont bon train parmi les quelques clients habitués. Elle leur répond avec un clin d’œil qu’elle vaut plus cher qu’une Mado. Alors les gars se contentent de rire. Ils ont pas le choix. On ne fricottent pas comme ça avec une bonne femme qui tient tête à des marins d'Aster Damné pendant un concours de boisson.

- Tu sais pourquoi il y a tant d’idiots dans le Monde ?
La voix veloutée d’Eve tire le vieux de ses rêveries. Silencieux, il remplit les godets d’alcool artisanal et vide le sien d’un trait.

- Dans mon village, poursuit-elle, debout face à lui, de l’autre coté du bar, en sirotant le sien par lampées prudentes.
On raconte qu’un jour trois idiots qu’on avait chassés pour leur bêtise se retrouvèrent à une croisée de chemins et se dirent : " Peut-être arriverons-nous à quelque chose d’utile en réunissant l’intelligence de trois têtes stupides " . Et ils poursuivirent leur chemin ensemble.
Peu de temps après, ils arrivèrent devant une cabane d’où sortit un vieil homme. " Où allez-vous ? " demanda celui-ci. Les idiots haussèrent les épaules : " Là où nous porteront nos jambes. On nous a chassés de chez nous pour notre bêtise. "
Le vieux répliqua : " Alors, entrez. Je vais vous mettre à l’épreuve. " Il avait trois filles tout aussi bêtes et se montrait donc compréhensif.

Nouvelle gorgée, Eve grimace, plissant les yeux.
Le Père hausse un sourcil à son attention, preuve qu’il écoute. Ça le rend toujours perplexe quand elle raconte une histoire. Parcequ’il a sait qu’au bout, il y a une morale. Mais les trois-quarts du temps, il ne la comprend pas. Trop fier pour lui demander, il enregistre quand même. Il y a bien un jour où l’autre où elle expliquera.
En vieillissant, on devient patient. Alors, il hoche la tête d’un air grave, sa grosse main enveloppant son tout petit verre.

- Donc, le lendemain, il demanda au premier idiot : " Va à la pêche ! " Et au deuxième : " Va dans les fourrés et tresse des cordes ! " Puis au troisième : " Et toi, apporte-moi des noix de coco ! "
Les idiots prirent un carrelet, une hache et un bâton et se mirent en route.
Le premier s’arrêta au bord d’une mare et se mit à pêcher. Quand son carrelet fut plein, il eut tout d’un coup soif. Il rejeta tout le poisson dans l’eau et rentra boire à la maison. Le vieux lui demanda : " Où sont les poissons ? " " Je les ai rejetés à l’eau. La soif m’a pris et j’ai dû vite rentrer pour me désaltérer. "
Le vieux se fâcha : " Et tu ne pouvais pas boire à la mare ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. "

- Quel con ! siffle l’aubergiste.
- Bah ouais. Eve sourit gentiment.
Pendant ce temps, le second idiot avait tressé un tas de cordes et se préparait à rentrer. Il s’aperçut qu’il n’avait pas de corde pour les attacher. Alors, il courut en chercher à la maison.
Et le vieil homme se fâcha encore : " Et pourquoi n’as-tu pas attaché ton tas avec l’une des cordes ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. "

D’un coup d’œil amusé, elle étudie son auditoire. Le vieux évite son regard, les pensées faussement plongées dans l’onde de l’eau de vie. Les broussailleux sourcils froncés trahissent son mécontentement grandissant.
Loin de se laisser distraire par les expressions orageuses de l’homme, la conteuse continue, du même ton tranquille, son récit. Interprétant chaque personnage en modulant sa voix et en imitant les actions.

- Le troisième idiot grimpa sur un cocotier et montra les noix de coco à son bâton : " Tu vas jeter par terre ces noix, compris ? "
Il descendit et commença à lancer le bâton sur le cocotier, mais il ne fit tomber aucune noix.
Lui aussi rentra à la maison bredouille et une fois de plus, le vieux se fâcha : " Puisque tu étais sur le cocotier, pourquoi n’as-tu pas cueilli les noix à la main ? " " Tiens, je n’y ai pas pensé. "

Une courte pause pour ajouter au suspens. Avant d’assener le coup de grâce d’un air totalement détaché.

- Le vieux comprit qu’il n’arriverait à rien avec les trois sots. Il leur donna ses trois filles pour femmes et les chassa tous.
Les idiots et leurs femmes construisirent une cabane et vécurent tant bien que mal. Ils eurent des enfants aussi bêtes qu’eux, les cabanes se multiplièrent et les idiots se répandirent dans le monde entier.

La dessus elle finit son verre d’une ultime gorgée, et le claque avec un bruit mat à coté de la bouteille, comme pour ponctuer.

- Voila ! annonce la grande noire, satisfaite.
En attendant, le Père, la fuite sous ton évier est réparée…

Et de sa démarche souple, elle laisse là le couple, remontant l’escalier de bois qui craque sous chacun de ses pas, pour regagner sa chambre et y déposer son barda de bricoleuse.
Apres, elle ira sans doute flâner sur le port, toute l’après-midi, où les dieux seuls savent ce qu’elle fabrique.

Incrédule, le vieux la regarde disparaitre à l’étage. Puis, pose un regard indécis sur sa femme.
- Dis donc… j’rêve ou elle vient de me traiter d'crétin ?


(conte glané sur le web)


Dernière édition par Eve le Sam 12 Sep - 0:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Eden ?   Ven 11 Sep - 21:00

Demi cercle en pointillé sur la peau pâle.
Une minuscule goutte de sang.
Une morsure. Des morsures.

Tantôt au creux du poignet, en réponse à une taquinerie, pour jouer à la sauvage. Tantôt à l'épaule, pour étouffer un cri, un gémissement, conséquences d'ondulations qui doivent rester secrètes.
Etoiles de nacre découvertes lorsqu'elle est heureuse. Perles lumineuses lorsque lors de cérémonies, elle se teintait les gencives au jus de baies.
Ecrin ivoirin pour une langue rose et mutine qui pointait parfois, moqueuse et aguicheuse.
Pluie de souvenirs, comme une averse indolente.

Et cet éclair qui zèbre la mémoire.

Au bord du fleuve, la nuit.
Rives marécageuses, terre noire, odeur de décomposition.
Barrissements endormis de créatures aquatiques en train de cauchemarder.

Et le battement sourd des bombolongs, rythme du sang, rythme de transe, corps désarticulés, tétanie palpitante, oeil fou dont on ne voit que le blanc, lèvres éclatées par la possession et filets de sang teintant les dents phosphorescentes.
Enchevêtrements des membres dans la boue, serments haletants échangés sous le regard hallucinés des dieux devenus charnels l'espace d'un instant.

Et les demi cercles en pointillés, au matin, en guise de souvenirs.
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MessageSujet: Le musicien   Mer 16 Sep - 16:33

- Nous n’avons rien à faire ensemble…

Quelques mots murmurés d’une voix rauque et chaude sous l’intimité relative d’un drap troué.
Espaces entre les syllabes, comme s’il égraine sa révélation, la tête lovée entre des cuisses fuselés.

Elle se redresse sur les coudes, perplexe et amusée. Regrettant que sa langue serve à autre chose qu’à lui administrer d’exquises caresses.
Son regard interroge, sans outrage. Un sourire désabusé flotte sur ses lèvres arrondies par le plaisir brusquement interrompu.

La joue rappeuse de l’orc se pose doucement sur l’aine brune. La peau si fine s’électrise au contact délicieusement abrasif de cette barbe naissante.
Il a les yeux qui brillent… Son regard rêveur et triste. Un tout petit garçon, parfois, coincé dans un immense corps de mâle.

- Mais seul… je m’ennuie…

On ne peut pas appeler ça une déclaration d’amour.
Eve soupire, presque soulagée. Elle a prié si fort pour qu’il ne la lâche pas maintenant pour aller empoigner sa guitare à la place.
C’est sur ses chairs échauffées qu’il doit jouer des accords. Reprendre la mélodie de ses gémissements haletants. Les préludes du bout des doigts et de la bouche qui arrachaient d’elle des plaintes extatiques.
Musique si douce à ses oreilles de mélomane, et à celles des voisins du dessous, du dessus, d’à coté...
Les soirs où elle vient, c’est représentation à cappella.

- Tu parles trop, susurre t-elle dans un souffle court.

Ses doigts d’ébène s’attachent sans pitié dans les cheveux trop longs de l’artiste. Réclament, imposent, dirigent.
Alors, il reprend, embrassant dans un sourire fatigué le tout petit tatouage qui décore si discrètement l’intérieur d’une cuisse sombre, et dont elle ne dit jamais rien.
Baiser mouillé dans le creux de son être, jusqu'à ce que son désir se fasse à nouveau pleinement entendre.

Et quand il la domine, et la pénètre enfin, une supplique qu’il noie dans ses tresses parfumées.
- Reste encore cette nuit.

- C’est la dernière… , répond Eve simplement, ses longues jambes et ses bras fins, se nouant autour de lui pour épouser plus profondément ses mouvements.
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MessageSujet: Re: Eden ?   Jeu 17 Sep - 8:57


Une et multitude.
Perles de bois et d'argile qui s'entrechoquent à chaque mouvement des fines tresses. Méduse à la vivante chevelure.
Une.

Scintillement argenté des gouttes d'eau accrochées dans les dreads épaisses, torsadées comme des rameaux d'ébene.
Une encore.

Perruque blonde et lisse comme un casque guerrier sous les stroboscopes d'une boite clandestine.
Une autre.

Crâne rasé, pureté monacale, comme une repentance sur lequel les doigts glissent, impuissants.
Une de plus.

Tête d'épouvantail, tignasse crépue, dressée et indocile après le lavage qu'une tresseuse domptera lors d'un après midi de palabres indolents, accroupies sur le sable chaud.
Une aussi.

Mèches lissées, torturées au fer, aux pointes savamment recourbées, huilées et odorantes.
Une, également.

Chevelure qu'il a caressée, humée, attrapée, lavée, tirée, emmêlée, mordillée, brossée.

Une.
Et tant d'autres.
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Eden ?

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